Dans la nuit du 26 au 27 décembre décembre, un réveillon à cet effet s’est tenu dans la localité de Magham, à la lisière des communes de Foumban et de Malantouen.
Njimonkouop 8, Mambafon 5, Ayman Nur Huda Ndam Njoya le maître des céans a accueilli comme il est de tradition chaque année, une foule immense dans le grand préau de sa cours à Magham. C’est une cérémonie à deux vitesses. Elle vise d’abord un armement spirituel, culturel et voire moral en vue d’une entrée sereine en 2026 selon les propos de celui qui a remplacé le Dr Adamou Ndam Njoya sur le trône de Njimonkouop. Ensuite, il y a l’éprouvante descente à la source mythique d’eau à Bantou où le roi Njoya s’y rendait régulièrement.
Le “Mfa” est le pilier central de la première séquence. Il s’agit d’un arbre sacré particulier qui porte des fruits, des feuilles de l’arbre de la paix et autres. Pour commencer, une caste des initiés de la cour apporte le “Mfa” au milieu des chants et des danses, qu’accueille Njimonkouop 8, Mambafon 5, Ayman Nur Huda Ndam Njoya à l’entrée de la concession au son des youyous et des tirs de canon des “Tamejongs”, spécialisés en la matière.
Une fois réceptionné, cet arbre est planté au milieu de la grande cour. C’est l’arbre autour duquel les différentes composantes de la grande famille Njimonkouop du Cameroun et de la diaspora vont passer à tour de rôle pour la purification après avoir pris part au repas de communion fait de la viande de chèvre sacrifiée pour la circonstance.
Beaucoup de curieux se demandent pourquoi exclusivement la famille Njimonkouop? Il s’agit en réalité d’une famille qui transcende les liens de sang, une famille qui va au-delà des considérations physiologiques ou biologiques. Le maire de Malantouen,
allant dans ce sens, va préciser qu’à Bantou, naissent des idées neuves pour faire avancer les choses. A Bantou, précisément chez Njimonkouop, il est prescrit que chacun aime son prochain comme soi-même. La prière formulée ici est que chaque Camerounais soit une lumière pour son concitoyen comme au sein de cette famille où chaque membre est un soutien pour l’autre.
Le patriarche de cette famille, en dépit de son jeune âge, va rappeler aux siens qu’il est question de retourner aux sources, dans la recherche de ce qui est beau et durable. La devise de cette pieuse famille est du reste “ par Dieu et pour Dieu”. Il faut travailler pour le bonheur de tous les hommes d’ici et d’ailleurs. “Nous savons qui nous sommes, où nous sommes et où nous devons aller”, a-t-il confié dans son discours de circonstance. “ politique, c’est être ensemble et agir ensemble”, confiera pour sa part l’honorable Tomaïno Ndam Njoya. Toute la nuit, sera fait de chants et de danses et aussi de la lecture du Coran. Les familles rassemblées rivalisent d’adresse avec les prestations culturelles de toutes sortes.
En ce qui concerne la deuxième séquence, la descente éprouvante aux sources de Bantou, toute la grande famille va s’ébranler à la suite de Njimonkouop 8, Mambafon 5, Ayman Nur Huda Ndam Njoya. C’est vraiment un parcours de leçon de la vie, d’endurance et d’abnégation, car au finish on n’obtient rien sans efforts fournis. Ce parcours retour aux sources invite aussi chaque membre de la famille à tenir compte d’où il vient et où il va. C’est un appel du retour aux valeurs culturelles et spirituelles. Cette randonnée qui dure en moyenne deux heures d’horloge met fin au pèlerinage à Bantou.
Mais bien avant, c’est avec ovation et cris d’allégresse que Njimonkouop est accueilli à son retour. Cette année, il était vêtu du maillot des Lions indomptables. Un clin d’œil vers la Can 25 au Maroc où le Cameroun affronte ce 28 décembre la Côte-d’Ivoire. Le dernier acte avant de tirer le rideau est la transplantation du Mfa, de retour vers Foumban. Tout ici commence et s’achève avec le chant de l’hymne national. Exit Bantou 25, welcome Bantou 2026.
Par Léopold DASSI NDJIDJOU de retour de Bantou

